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Terre plate : le problème de la (mauvaise) foi

S’il y a bien une chose dont ne peut pas parler un platiste, c’est de bonne foi. Mais le souci, c’est qu’il ne sait pas qu’il est mal placé pour en parler. Car avant d’être un propagandiste, c’est une victime qui s’est faite enfumer…

mille-feuille
Raphael Labbé [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons

La « théorie » fumeuse

On parle toujours de la « théorie de la Terre plate ». Personnellement, rien que ce terme me fait sourire. Pourquoi ? C’est très simple : la « théorie » de la Terre plate n’a rien d’une théorie. Regardons les mots plus en détail :

Une théorie (du grec theorein, « contempler, observer, examiner ») est un ensemble cohérent d’explications, de notions ou d’idées sur un sujet précis, pouvant inclure des lois et des hypothèses, induites par l’accumulation de faits provenant de l’observation, l’expérimentation ou, dans le cas des mathématiques, déduites d’une base axiomatique donnée : théorie des matrices, des torseurs, des probabilités. Elle ne doit pas être confondue avec un principe philosophique contrairement aux principes observés et provisoirement admis suggérés par l’expérience, ni avec une hypothèse. Le terme de théoricien, qui désigne un scientifique, s’oppose à celui de technicien, qui désigne celui qui met en pratique une science particulière.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie

Maintenant, regardons ce que les « théoriciens » de la Terre plate nous racontent. Pas d’ensemble cohérent d’explications, des lois balayées du revers de la main, des observations biaisées et des expérimentations aux protocoles plus que douteux… Cela n’a en effet rien d’une théorie, au sens propre du terme.

Selon cette même définition :

Dans le langage courant, le terme « théorie » est parfois utilisé par anglicisme pour désigner un ensemble de spéculations sans véritable fondement, à l’inverse du sens admis par les scientifiques. Le mot hypothèse est alors plus approprié.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie

Et là, en revanche, on est en plein dedans. Des réflexions philosophiques, de la métaphysique, sans aucun doute, des spéculations, assurément, mais à aucun moment quoi que ce soit de fondé. Les platistes sont tellement dans le déni qu’ils passent d’ailleurs plus de temps à tenter de prouver que la Terre n’est pas un globe (et par conséquent qu’on nous ment) qu’à réellement démontrer qu’elle est bien plate.

Car soyons francs, jusqu’ici absolument rien de ce qu’ont pu produire les platistes n’est recevable en tant que preuve de la platitude de la Terre.

Le mille-feuille argumentatif

Voilà, en revanche, un terme que j’affectionne particulièrement. Un mille-feuille argumentatif est une technique qui vise à « noyer le poisson ». Le principe est d’inonder son interlocuteur d’arguments sans qu’il soit possible de les discuter. À chaque fois qu’un contre-argument est opposé, le sujet est évité précipitamment et un nouvel argument est proposé, souvent sans rapport avec le précédent par ailleurs.

Ainsi l’interlocuteur pourra se sentir impressionné par une certaine « masse de connaissances » et, s’il n’a pas un bagage suffisant, se laissera berner.

Le problème avec cette technique, c’est quand son pratiquant tombe sur quelqu’un qui, justement, a le bagage suffisant. Et là, si la personne ne maîtrise pas parfaitement son sujet, on s’en rend compte très facilement : bafouillements, enchaînements d’explications sans queue ni tête, contre-vérités facilement déjouées, et on peut facilement aller jusqu’à l’agressivité et les insultes. C’est pourquoi il est plutôt conseillé de discuter avec un complotiste en public !

Des problèmes sociaux

Toujours est-il que le complotiste ne se pense pas de mauvaise foi. C’est pourquoi ses relations avec son entourage sont souvent compliquées. En effet, il est difficile pour la plupart des gens « sensés » de comprendre ce qui se passe dans la tête d’un complotiste et ce qui le conduit à penser ainsi. Il est donc assez fréquent de voir des complotistes se couper de leur entourage, se fâcher avec des amis ou même de la famille : ils croient réellement ce qu’ils avancent. Mais ils ne savent pas le démontrer, et pour cause.

Pixabay

Et pour eux, il sera extrêmement difficile de faire machine arrière. Cela implique de reconnaître que ce ne sont pas « les moutons » qui se font avoir, mais les complotistes eux-mêmes, qui sont victimes d’une odieuse manipulation. Pas facile d’admettre qu’on se soit laissé berner. Il faut déjà le reconnaître, rien que pour soi, puis auprès des autres. Certains y arrivent, mais à quel prix ? Je suis d’avis qu’il faut un énorme courage pour faire machine arrière. Admettre ses torts, admettre qu’on ait pu se faire emmener si loin dans la bêtise et reconnaître qu’on ait pu dire autant d’énormités.

Le pire dans tout ça est que cela peut aussi amener d’autres problèmes : le complotisme est une communauté très soudée. Et cela peut se solder par un comportement agressif de la part des « anciens collègues complotistes ». Certains repentis se sont par exemple vus menacés de mort*, j’imagine que cela puisse être assez traumatisant. Bref, on n’imagine pas le danger que cela représente de se faire embrigader dans les « théories » du complot…

En conclusion

Le mieux est encore de ne pas tomber dedans, et c’est bien là le but de ce blog, même si le ton se fait parfois un peu moqueur. La petite lumière rouge « danger » doit se mettre à clignoter dès que vous lisez les mots « fais tes propres recherches », ce qui sera l’objet d’un prochain article. Ne pas faire ses propres recherches, ne pas chercher à savoir ce que eux croient savoir, pour peu qu’on soit un peu influençable, c’est encore le meilleur moyen de ne pas basculer…

Sources

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