Menu Fermer

Terre plate : le problème de l’horizon

Lorsque vous parlez à un platiste, son premier argument est celui de l’observation de la courbure terrestre. Il mettra systématiquement en exergue le fait qu’il est impossible de distinguer la courbure de la sphère qui nous fait office de planète, et ce, même si vous avez un horizon dégagé.

Pixabay

Un horizon désespérément plat

Le platiste va systématiquement pointer du doigt le fait que l’horizon reste plat, même si vous vous situez en pleine mer, avec une vue dégagée à 360 degrés. Selon lui, même en montant très haut en altitude, on ne distinguera pas la courbure. Bien entendu, il est hors de question de lui montrer les photos de Thomas Pesquet, qui ne sont que d’immondes mensonges à base de Photoshop. Il va donc falloir le lui démontrer de façon plus mathématique, et surtout lui montrer à quel point cet argument, qu’il ressortira malgré tout à chaque fois, est mauvais.

Regarder dans le bon sens

Le principal souci est que le platiste ne regarde pas dans le bon sens, tout simplement. Il cherche la courbure dans le sens de la largeur, alors qu’elle est nettement plus visible dans le sens longitudinal.

Je me suis livré à une petite expérience avec mon logiciel de 3D préféré. Le mode opératoire est le suivant : un pantin de 1,80m, placé à la surface d’une sphère. Une caméra est placée à hauteur de son regard. Je vais faire varier le diamètre de la sphère afin de voir si la courbure est visible à l’oeil nu.

Que voyons-nous ? Avec une sphère de 500 mètres de rayon , la courbure est très facilement visible, tout comme à 1 km de rayon . À 10 km de rayon, la courbure est déjà nettement plus ténue, et disparaît quasiment totalement à 100 km de rayon . À 1000 km de rayon , elle est totalement invisible. Il est alors facile de s’imaginer ce qui se passe avec le rayon réel de la Terre qui est approximativement de 6400 km.

Mais alors, est-il possible de voir la courbure de la Terre ? La réponse est assurément oui, mais pas de la manière exposée par les platistes. Il faut en effet regarder droit devant soi, et loin vers l’horizon, en faisant abstraction de ce qui se passe sur les côtés. En effet, maintenant qu’on sait que de toute façon on ne verra rien comme ça, c’est sans intérêt.

Donc, on regarde droit devant soi. Au niveau de la mer, et sans tenir compte des conditions atmosphériques, la visibilité est d’environ 4700m. Si l’on monte sur un rocher, à 5 mètres au-dessus du niveau de la mer, la visibilité grimpe à 8000m. 5 mètres plus haut, elle est à 11km. En haut du phare de Kéréon dans le Finistère, à 48m de haut, la visibilité est de 25km. Dans un avion à 500m d’altitude, on a une visibilité de plus de 100km… Et ainsi de suite. Plus on monte en altitude, plus la visibilité est grande. Ceci est un fait vérifiable par n’importe qui.

Ceci s’explique par un fait tout simple : la Terre est une sphère, et on va démontrer cela géométriquement avec un simple dessin qui sera, je l’espère, compréhensible par tous.

On comprend ici facilement pourquoi la visibilité augmente avec l’altitude. Un tel phénomène ne serait pas observable sur une Terre plate. Je vous fais grâce du calcul qui est disponible sur les pages citées en source.

Mais pourquoi peut-on voir la Corse depuis Nice alors ?

Devant nos précédents arguments, un platiste nous rétorquera qu’il est tout à fait possible de voir la Corse depuis Nice alors qu’elle se trouve à 200km de là, photos à l’appui.

Bien entendu, le platiste omet, intentionnellement ou par méconnaissance, de nombreux éléments concernant cette observation. Tout d’abord, il omettra de dire d’où sont prises les photos en question. Et bien évidemment, elle sont rarement prises depuis la plage, mais plutôt depuis les hauteurs de Nice. Mathématiquement, sans même tenir compte des conditions atmosphériques, le plus haut sommet corse (2710m d’altitude) est visible depuis les hauteurs niçoises dès 30 mètres d’altitude. L’atmosphère fait le reste, par le biais du phénomène de réfraction.

Aeroceanaute [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons

Cette réfraction va donc créer un effet de mirage. Les rayons lumineux qui nous proviennent de la Corse sont déviés par l’atmosphère et donnent à l’île un peu plus de hauteur. Mais contrairement à ce qu’affirme le platiste, ce n’est pas « la Corse » que l’on voit, mais seulement ses hauteurs. Et plus on va monter dans le collines niçoises, plus elle apparaîtra distinctement. Mais jamais vous ne verrez les rivages de l’île de beauté, même avec des conditions atmosphériques parfaites.

Là où le modèle platiste ne tient pas

Selon le modèle platiste, la vue n’est limitée que par les conditions atmosphériques. Or, toujours selon ce modèle, l’altitude ne devrait pas influer sur la distance de visibilité, qui devrait être la même au niveau de la mer qu’à 50m d’altitude. Il est pourtant simple de vérifier que ce n’est pas le cas…

De même, si la Terre était plate, l’observation de la Corse depuis les plages niçoises devrait être bien plus facile et surtout, le paysage observé devrait être bien différent. En effet, pourquoi ne voit-on que les sommets les plus élevés et encore, seulement dans des conditions atmosphériques bien particulières (et par conséquent que très rarement) ?

En conclusion

Peu importe que nous ayons simplement démontré ici que la Terre est bien une sphère, le platiste restera obsédé par le fait que l’horizon reste plat et ne dessine pas une courbe. Et encore, je n’ai même pas parlé de notre acuité visuelle, de toute façon insuffisante pour déceler cette courbure. Pour autant, il est assez facile de voir, pour qui cherche un minimum à comprendre, que la Terre ne peut pas être plate.

Sources

Laisser un commentaire